Définition de la santé : la formule de l’OMS et ses critiques

Selon l’OMS, la santé est « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Cette définition de la santé figure dans le préambule de la Constitution de l’Organisation mondiale de la santé, signée en 1946. Elle sert encore de référence, parce que la France n’a pas de définition légale propre.

Définition de la santé selon l’OMS : le texte de 1946

La Constitution de l’OMS a été signée le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 États. Elle est entrée en vigueur le 7 avril 1948.

La formule tient en une phrase, citée plus haut. Elle a deux parties : un état positif (le complet bien-être) et un refus de s’en tenir à l’absence de maladie. Le mot « complet » est celui qui lui vaut le plus de reproches, comme on le verra plus bas.

Dans le langage courant, le dictionnaire donne un sens plus étroit : être en bonne santé, c’est ne pas être malade. Le mot vient du latin sanitas, rattaché à sanus, « sain ». La définition de l’OMS élargit donc nettement le sens d’origine.

Santé physique, mentale et sociale : les trois dimensions

La santé physique concerne le fonctionnement du corps : se déplacer, dormir, récupérer d’un effort, ne pas souffrir d’une maladie chronique non soignée. C’est la dimension que l’on mesure le plus facilement, par des examens et des analyses.

La santé mentale est définie par l’OMS comme un état de bien-être qui permet d’affronter le stress de la vie, de s’épanouir, d’apprendre, de travailler et de contribuer à la vie de la communauté. Elle ne se confond pas avec l’absence de trouble psychique. Pour comprendre qui intervient dans ce domaine, vous pouvez lire le détail sur le rôle du psychologue en santé mentale ou sur les missions du psychiatre.

Amis réunis autour d'une table dans une cuisine lumineuse

La santé sociale désigne la place que l’on occupe parmi les autres : un entourage, un logement stable, un emploi ou une activité, la possibilité de participer à la vie collective. Une personne isolée peut avoir des analyses parfaites et pourtant ne pas être en bonne santé au sens de l’OMS.

De l’absence de maladie à une ressource pour vivre

En 1986, la charte d’Ottawa sur la promotion de la santé a prolongé la définition de 1946. Elle décrit la santé comme une ressource de la vie quotidienne, et non comme le but de la vie.

Le texte énumère les conditions préalables d’une bonne santé : la paix, un logement, l’éducation, l’alimentation, un revenu, un écosystème stable, des ressources durables, la justice sociale et l’équité. La santé dépend donc de facteurs qui dépassent le système de soins, ce qui répond à la question de son importance dans la vie : elle conditionne ce que l’on peut faire de ses journées.

Les critiques faites à la définition de l’OMS

La formule de 1946 est jugée utopique par une partie des auteurs : personne n’est en « complet » bien-être de façon durable, donc presque tout le monde serait malade. On lui reproche aussi d’être statique, alors que l’état de santé varie au fil des jours et des âges.

Deuxième critique : la subjectivité. Qui décide qu’un bien-être est complet, le patient ou le médecin ? Une troisième critique vise le risque de médicalisation, puisqu’une définition aussi large place presque chaque aspect de la vie sous l’autorité du soin.

Les définitions proposées en réponse insistent sur la capacité d’adaptation : être en bonne santé, ce serait pouvoir faire face aux aléas, tomber malade et se rétablir, plutôt que ne jamais souffrir. Cette lecture, défendue par des philosophes de la médecine et reprise par des chercheurs, rapproche la santé d’une aptitude plus que d’un état.

Santé publique, santé globale : des notions voisines

La santé publique désigne l’action collective menée pour protéger et améliorer la santé d’une population : prévention, vaccination, surveillance des maladies, organisation des soins. Elle se distingue de la santé d’un individu, qui relève de son médecin.

Salle d'attente lumineuse d'un centre de santé

La santé globale élargit encore le regard à l’échelle de la planète. Elle croise souvent l’approche One Health, que l’OMS décrit comme une approche intégrée visant à équilibrer et à optimiser durablement la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes.

Ce que la définition change au quotidien

Dire que la santé ne se limite pas à l’absence de maladie revient à compter le sommeil, l’alimentation, les liens sociaux et la santé mentale parmi ses composantes. Même un geste très ordinaire, comme le choix de ce que l’on mange le soir, entre dans ce cadre.

L’accès aux soins en fait aussi partie, et l’organisation de la filière de soins en France en est un exemple concret.

Ces repères ne remplacent pas un avis médical : en cas de doute sur votre état, c’est un professionnel de santé qui peut l’évaluer.

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